La PASS de ville de Marseille fêtait son premier anniversaire en ce mois de janvier… et peut-être son dernier.

La PASS, Permanence d’accès aux soins de santé, permet à des personnes sans couverture sociale de se soigner sans faire l’avance des frais et les aide à l’obtention de leurs droits.

A l’occasion du premier anniversaire du dispositif, j’ai eu la chance de travailler avec l’équipe de Médecins du Monde Marseille, sur une série de portraits exposés le temps d’une soirée à La Fabulerie.

Bénéficiaires, professionnels de santé et accompagnants sont passés devant mon objectif, et Malika, journaliste, a recueilli leurs témoignages.

L’assistante sociale nous a
immédiatement jugés, sans connaître notre histoire. Nous n’étions là que depuis un mois, donc nous n’avions aucun droit. L’affaire était donc close. Elle m’a dit, refusant de nous expliquer les démarches possibles : pourquoi êtes-vous venus en France ? Il n’y a rien ici en France !

propos recueillis par Malika

Victoria avait 16 ans quand elle a été violée dans son immeuble, au Nigéria. Recueillie et soignée par une voisine, cette dernière lui propose de fuir en Europe. « C’était une opportunité
d’échapper à un cycle de viols récurrents et aux violences, j’ai accepté »,

texte de Malika

Une première exposition pour moi, portée par une équipe formidable, dans un lieu vraiment sympathique. Difficile d’espérer mieux !

J’aurais pourtant préféré que cette soirée ne soit pas l’occasion d’une mise en garde contre les atteintes toute récentes portées à ce dispositif. Il s’agit de textes votés fin 2019 :

Le Décret n° 2019-1468 du 26 décembre 2019 qui, entre autre, diminue la période du maintien de droits après expiration des documents de séjour, la faisant passer de 12 à 6 mois.

Les articles 264 et 265 du projet de loi de finance 2020, qui modifient l’AME, et stipulent que la première demande d’aide médicale de l’Etat est déposée par le demandeur. Là où les démarches pouvaient être effectuées par courier jusque-là, et donc avec l’aide d’associations, et d’interprètes.

L’arrêté du 31 décembre 2019 – nouvelle carte AME, qui permettra de luter contre l’évasion fiscale, la fraude à l’aide médicale d’état.

Le Décret n° 2019-1531 du 30 décembre 2019 qui là encore, restraint le champs d’action des associations, qui ne pourront plus aider que les personnes mineures.

Autant de textes permettant d’éloigner les méchants profiteurs venus d’ailleurs et les associations qui les aident, des caisses de la sécurité sociale.

Vous je ne sais pas, mais moi, j’ai du mal à les regarder droits dans les yeux, et me dire qu’en France, aujourd’hui, nous avons un gouvernement qui vote ce genre de lois. Dire qu’on a échappé de justesse au R.N !

Lucie, Médecins du monde
Dr Issa Koné

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